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Comment nettoyer des gants en cuir de moto sans les durcir

Sur une paire de gants de moto, c'est l'intérieur qui se salit et le séchage qui tue le cuir. Le lavage gants aux mains, le nourrissant au bon moment, et les trois signes qui disent que la paire ne protège plus.

Serge Vaillant Publié le 11 septembre 2026 6 min de lecture

J’enfile mes gants, j’ouvre le robinet, et je me lave les mains avec les gants dessus. Eau tiède, savon doux, trente secondes par main. Je roule depuis 1987 et je n’ai jamais fait autrement, parce que c’est la seule façon d’aller chercher la crasse là où elle se trouve vraiment : dedans.

Au bout du compte tu dois retrouver une paire souple, sans odeur, qui a gardé sa taille et qui se ferme comme avant. Le lavage n’y est pour rien. C’est le séchage qui décide. Un gant posé une nuit sur un radiateur ressort raide, plus court d’une demi-taille, et il ne redeviendra jamais souple.

Ce qui salit tes gants, c’est ta main, pas la route

Le dessus prend de la poussière, de la pluie et des moucherons. Le cuir encaisse, il est fait pour. Ce qui le tue vient de l’autre côté : une main transpire beaucoup sous un gant fermé, même par quinze degrés, et cette sueur porte du sel qui reste quand l’eau s’évapore. Au bout de deux saisons la doublure noircit à la paume, elle durcit, et le fil des coutures devient cassant à l’endroit exact où on ne le voit pas.

Un gant nettoyé au chiffon sur le dessus reste donc un gant sale. Tu as retiré ce qui ne gênait personne.

Je lave les miens deux fois par saison, en juillet et à la remise au garage en octobre, avec le reste de l’entretien courant de la moto. Si tu roules tous les jours ou si tu prends souvent la pluie, compte plutôt toutes les six à huit semaines.

Le lavage se fait gants aux mains, et il dure trois minutes

Le gant garde la forme de ta main pendant qu’il est mouillé, donc il ne se déforme pas en séchant. Tu ne le trempes jamais, tu le mouilles.

  1. Fais couler de l’eau tiède, celle dans laquelle tu laisses ta main sans y penser. Plus chaud, le cuir se rétracte et ça ne se rattrape pas.
  2. Prends un savon doux : savon de Marseille, savon glycériné, savon à mains sans parfum. Évite la lessive, le produit vaisselle, le dégraissant et l’alcool à brûler, qui attaquent les huiles du cuir avant la crasse.
  3. Frotte comme si tu te lavais les mains, gants aux mains. Insiste entre les doigts, dans la paume et sur la sangle de poignet. Le savon traverse le cuir et prend la doublure, c’est le but.
  4. Rince court, sous un filet d’eau, mains toujours dedans. Dix secondes suffisent. Tu chasses le savon, tu ne gorges pas le gant.
  5. Presse, ne tords jamais. Une torsion casse les fibres et laisse des plis blancs définitifs. Pose le gant à plat dans une serviette éponge et appuie dessus avec la paume.
  6. Retire-les par le poignet, pas par le bout des doigts. Mouillé, le cuir s’allonge, et un gant tiré par un doigt reste plus long que l’autre.
La machine à laver

Un tambour essore à plus de mille tours. Le cuir mouillé s'étire sous la force, la mousse des coques s'écrase, les coutures partent les premières. Le gant ressort propre et ne tient plus rien. C'est le seul geste de cette page qui tue une paire du premier coup.

Le séchage décide de tout, et il prend deux à trois jours

À plat, doigts écartés, sur une serviette sèche, dans une pièce normalement chauffée. Rien d’autre. Change la serviette au bout de trois ou quatre heures, elle a pris l’humidité et elle la rend au gant.

Le même gant, à quatre endroits différents :

Où tu poses le gant mouilléCe que fait le cuirCe que tu récupères
à plat, à l’air de la pièceil sèche au rythme de la doubluresouple, à sa taille
sur un radiateur, une nuitil se rétracte plus vite que la doublureraide, rétréci, doublure décollée
au soleil, une après-midises huiles migrent puis s’évaporentterne et craquelé aux plis
roulé dans le casque ou un sacil ne sèche pasodeur tenace, moisissure aux coutures

Le deuxième jour, quand les gants sont encore frais sans être mouillés, remets-les dix minutes. Le cuir reprend la forme de tes phalanges pendant qu’il finit de sécher, et tu récupères une paire à ta main plutôt qu’une paire à plat.

Le test qui dit si c’est fini : glisse un doigt à l’intérieur, jusqu’au bout du gant. Si l’extrémité est fraîche au toucher, il reste de l’eau dans la doublure, même quand le cuir paraît sec dehors. Un gant rangé dans cet état moisit à la couture et sent le renfermé au printemps suivant.

Le nourrissant s’applique sur cuir sec, et en très petite quantité

Sur cuir humide, il enferme l’eau à l’intérieur. Attends que le test du doigt passe.

Une noisette de lait ou de crème pour cuir pour les deux gants, étalée au chiffon doux, puis on lustre. Tu la mets sur le dessus et sur les doigts. Pas dans la paume, qui doit accrocher la poignée, pas sur les coques ni sur les inserts textiles, et jamais à l’intérieur.

Et surtout, oublie la graisse épaisse et l’huile de pied de bœuf. J’ai fait le coup une fois, sur une paire d’hiver que je trouvais cartonneuse : elle est devenue molle comme un gant de vaisselle en trois semaines. Un cuir de protection doit rester ferme. Il est là pour glisser sur le bitume sans s’ouvrir, pas pour être agréable à plier.

L’odeur qui reste ne se lave pas, elle s’absorbe

Il arrive qu’une paire ressorte propre et sente encore. Tu n’as rien raté. Du sel et des bactéries se logent dans la mousse de la doublure, là où le savon ne va pas.

Une cuillère à café de bicarbonate de soude dans chaque gant, tu secoues pour répartir, tu laisses la nuit. Le matin, tu retournes le gant au-dessus d’une poubelle et tu tapotes. Le bicarbonate prend l’humidité résiduelle et l’acidité avec.

Si l’odeur revient dès la première sortie, la doublure est saturée et le gant n’a jamais séché à cœur. Relave, et laisse-le quatre jours cette fois. Ne vaporise rien de parfumé dedans en attendant : c’est de l’alcool, il assèche le cuir par l’intérieur.

Trois endroits qui disent si la paire protège encore

Un gant de moto est un équipement de protection, obligatoire et certifié, et il joue son rôle en deux secondes de glissade. Il n’y a pas de deuxième essai. Alors profite du lavage, quand le gant est propre et à plat sous la lampe, pour regarder trois endroits.

La couture de la paume, avant tout le reste. C’est elle qui touche l’asphalte en premier, parce qu’on tombe les mains devant. Un centimètre de fil ouvert, et le gant se déchire là, en glissade. Une couture reprise chez un cordonnier tient très bien tant que le cuir autour est sain.

Le cuir des articulations. Plie le gant comme un poing fermé, rouvre-le et regarde le pli. Des micro-fissures blanches qui restent veulent dire que le cuir a perdu ses huiles sur toute l’épaisseur. Il ne se nourrit plus, il s’ouvrira au frottement.

La coque et la sangle vont ensemble. Une coque qui bouge sous le cuir n’est plus collée, donc elle se déplacera avant de servir. Une sangle de poignet qui ne serre plus est pire encore : un gant qui quitte la main pendant la glissade rend tout le reste inutile. La Sécurité routière détaille les critères d’un gant certifié, et le maintien au poignet en fait partie.

Coutures et sangle se réparent. Un cuir craquelé et une coque décollée, non : la paire est finie, quelle que soit son allure. Le jour où tu hésites devant un pli blanc, mets l’autre paire et garde celle-là pour bricoler. On ne fait pas d’essai avant une chute.

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